Plus de 100 plateaux de jeu découverts dans les ruines de Ptolémaïs, en Libye

Illustration of a black cat among ancient columns and scattered objects.

Dans les ruines de Ptolémaïs, sur la côte libyenne, l’archéologue Zofia Kowarska a documenté plus de 100 plateaux de jeu gravés dans la pierre. Une ancienne ville est devenue un endroit où s’asseoir, surveiller les animaux et tenter de battre quelqu’un à un jeu. L’empire tombe ; il faut toujours quelqu’un pour garder les chèvres.

La découverte offre un angle merveilleusement ordinaire sur un site monumental. Elle s’accompagne aussi d’une distinction à préserver : les bâtiments antiques et les jeux gravés dans leurs ruines n’ont pas automatiquement le même anniversaire.

Une ville devient une surface de jeu

Ptolémaïs se trouve en Cyrénaïque, dans le nord-est de la Libye, près de l’actuelle Tolmeita. La mission archéologique polonaise étudie bien plus que des jeux, notamment l’acropole de la ville et ses vestiges sous-marins. Une publication de l’ambassade de Pologne décrit aussi le travail archéologique et ethnographique de Kowarska sur les plateaux gravés et leur lien avec les bergers.

Cette combinaison compte. Un monument peut perdre sa fonction d’origine sans devenir inutile pour tous les habitants des environs. Un bloc appartenant autrefois à un bâtiment impressionnant peut devenir un siège. Ajoutez-y une surface de jeu et il devient un endroit où passer l’après-midi. La ville a cessé d’être une ville pour devenir du mobilier.

On imagine facilement deux personnes discutant d’un coup tout en levant de temps en temps les yeux vers le troupeau. Cette scène imaginée fait le charme de l’histoire ; ce n’est pas une transcription que les archéologues auraient trouvée sous une chèvre.

De petites cavités, de nombreux coups possibles

Dans son entretien avec Science in Poland, Kowarska décrit des dispositions carrées et rectangulaires de petites dépressions. Elles comprennent des configurations de trois sur trois et des grilles plus grandes. Certains endroits réunissent de nombreux plateaux.

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Elle rapporte aussi avoir découvert auprès d’un habitant deux jeux encore pratiqués : un jeu d’alignement ressemblant au morpion et un jeu de capture comparable aux dames. Ces comparaisons aident le lecteur à se représenter l’activité. Elles n’établissent pas que toutes les grilles gravées avaient les mêmes règles, ni qu’un plateau d’apparence familière est simplement le jeu moderne transporté dans le passé.

C’est là que les petites cavités deviennent plus intéressantes qu’elles n’en ont l’air. Un plateau peut conserver les emplacements des pions tout en perdant les instructions qui leur donnaient un sens. On voit le terrain de jeu sans connaître tous les coups autorisés. Quiconque a ouvert un jeu de société d’occasion dont la moitié des règles manque connaît le problème.

La gravure a aussi sa propre date

Kowarska indique qu’il est difficile de dater précisément les plateaux, mais que leur emplacement sur des structures ruinées révèle une utilisation ultérieure du site. Des positions surélevées offrant une vue sur les pâturages contribuent à étayer l’interprétation liée aux bergers.

C’est une histoire plus utile que d’attribuer aux jeux tout l’âge de la ville. Une vieille pierre ne rend pas toutes ses marques aussi anciennes. On ne peut pas non plus ordonner les différentes tailles de grille en une séquence bien nette dans laquelle un joueur frustré aurait inventé un plateau plus grand et lancé la version 2.0.

« Conception de jeu évaluée par les chèvres » reste une excellente description de la scène imaginaire. Elle convient moins comme intitulé dans un tableau de découvertes archéologiques.

Le divertissement n’a pas besoin de boutique

Il existe un parallèle séduisant avec les petits jeux d’aujourd’hui : un espace délimité, quelques règles convenues et quelqu’un contre qui jouer. Qualifier les bergers de développeurs indépendants étirerait trop une étiquette moderne, mais la comparaison saisit quelque chose de reconnaissable. Le plaisir n’a pas besoin de dépendre d’un équipement spectaculaire.

On retrouve une autre version de cet attrait dans le travail d’Alfred Butts sur le jeu devenu le Scrabble (en anglais) : des matériaux familiers peuvent occuper tout un après-midi dès que quelqu’un leur donne des règles. Les plateaux de Ptolémaïs n’ont pas besoin d’être les plus anciens de quoi que ce soit pour susciter cette reconnaissance.

L’archéologie peut raconter les souverains et les routes commerciales, mais elle peut aussi demander ce qui se passait entre les grands événements. Où les gens s’asseyaient-ils ? Que réutilisaient-ils ? Comment passaient-ils le temps ensemble ? Un jeu gravé sur une surface pratique appartient à cette histoire sans avoir à remporter un concours d’ancienneté.

Les chèvres n’étaient pas le public

Le plus séduisant est le déplacement de l’attention. Nous arrivons en quête des vestiges d’une grande ville et remarquons la trace d’une rencontre plus modeste : un lieu aménagé pour jouer.

Imaginez le dernier coup, le regard vers le flanc de la colline, le désaccord sur le prochain tour. Gardez les détails imaginés distincts des traces gravées, et la scène ne perd rien de sa chaleur. Une ruine peut être monumentale de loin et merveilleusement humaine lorsqu’on s’y assied.

Traduction française de l’article original en anglais du 2026-04-29. Traduction réalisée avec l’aide de l’IA le 2026-11-02 ; les références temporelles restent celles de l’original.

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