Chaque mois de mai, le calendrier éditorial peut prendre un air étrangement familier : un mariage en crise, une ville côtière avec un secret, peut-être une sœur disparue. Puis un premier roman arrive avec un projet immobilier à Lagos, une grossesse et quelque chose qui cloche profondément dans l’eau. Soudain, la ville côtière a de la concurrence.
One Leg on Earth, le premier roman de ’Pemi Aguda, est l’une des propositions intrigantes de ce mois en matière d’horreur littéraire. Norton présente son édition reliée de 240 pages, publiée le 5 mai 2026 ; l’édition Virago est arrivée le 7 mai. Il s’agit ici d’un aperçu de son point de départ et de son contexte, pas d’un verdict laissant croire que nous en avons personnellement lu chaque page.
De quoi parle le livre ?
Yosoye, vingt-trois ans, arrive à Lagos pour travailler dans une agence d’architecture. Les perspectives semblent séduisantes : de nouveaux amis, des vernissages et Omi City, le projet immobilier de luxe que construit son employeur. Puis elle découvre qu’elle est enceinte, tandis qu’une force inexplicable attire les femmes enceintes de toute la ville dans l’eau, où elles se noient.
Voilà la collision inquiétante au cœur du résumé de l’éditeur : l’avenir d’une jeune femme et le nouvel avenir radieux d’une ville, avec un courant menaçant sous les deux. Une brochure immobilière laisserait probablement cette dernière partie de côté.
Ce qui séduit dans ce point de départ, c’est le peu de distance qu’il laisse entre ambition ordinaire et effroi. Inutile d’emménager dans un manoir hanté isolé. Il suffit d’accepter l’emploi prometteur, d’assister au vernissage et de découvrir que l’avenir rutilant a amené ses propres fantômes.
Un premier roman, pas une écrivaine qui part de zéro
Le précédent recueil d’Aguda, Ghostroots, était finaliste du National Book Award 2024 dans la catégorie fiction. Ses douze nouvelles se déroulent à Lagos et relient famille, attentes héritées et surnaturel. Le roman arrive donc avec une solide carte de visite, même s’il s’agit de son premier.
Il existe une distinction utile entre un début et une découverte. Le premier indique la place d’un livre dans une bibliographie ; la seconde indique souvent quand un lecteur donné l’a enfin remarqué. Un recueil de nouvelles sélectionné pour un prix fait déjà de grands signes depuis l’autre bout de la salle.
Si vous avez suivi notre article sur Cassava Republic et les British Book Awards (en anglais), voici une autre porte d’entrée vers les œuvres qui attirent l’attention autour de la littérature nigériane. Des livres n’ont pas besoin de partager un genre pour bien dialoguer dans une liste de lecture.
Quand le projet immobilier devient l’élément inquiétant
L’idée de créer de nouvelles terres au large de Lagos possède un équivalent réel. La brochure promotionnelle d’Eko Atlantic de 2015 décrit une ville sur dix millions de mètres carrés gagnés sur la mer. Il s’agit du récit qu’un promoteur fait de son propre projet, pas d’une évaluation indépendante de ses effets environnementaux.
Omi City est fictive, et la distinction compte. Un roman peut rendre étrange le sol sous un projet immobilier sans servir de rapport technique sur un chantier précis. La question littéraire reste puissante : quand quelqu’un vend un avenir, qui pourra y vivre, et qui paiera pour son arrivée ?
Normalement, l’expression « excellent potentiel de croissance » est censée rassurer. Placez-la dans une prémisse horrifique, et elle devient nettement moins réconfortante. Tout comme « opportunité en bord de mer ».
L’horreur de la grossesse sans emballage pastel
La grossesse offre à l’horreur un sujet chargé : transformation du corps, incertitude, vulnérabilité et attentes souvent très assurées des autres. Cela ne fait pas de la grossesse elle-même un cauchemar universel. Cela en fait un terrain où une romancière peut remettre en question le langage bien rangé et rassurant dont on l’enveloppe habituellement.
L’associer à un projet immobilier crée un écho thématique frappant. Tous deux peuvent se décrire à travers des promesses sur la suite. L’horreur demande ce qui arrive lorsque ces promesses cessent d’inspirer confiance.
Ce malaise est apparenté à celui dont nous parlons dans notre explication de la vallée de l’étrange (en anglais) : le familier n’est pas toujours rassurant lorsqu’un élément important paraît anormal. Il s’agit ici d’une comparaison d’effets, pas d’une affirmation selon laquelle un roman littéraire et un robot presque humain reposent exactement sur le même mécanisme.
Faut-il l’ajouter à votre liste de lecture ?
Si le mélange de vie urbaine, d’inquiétude surnaturelle et de maternité vous intéresse, voilà une piste prometteuse à essayer. Le point de départ comprend une grossesse et des morts par noyade : ce n’est donc pas le choix évident pour qui cherche une évasion entièrement douillette. Le chat peut être douillet. La lecture a d’autres projets.
Avec 240 pages dans l’édition reliée de Norton, l’investissement reste relativement compact, même si personne n’a besoin d’en faire un défi de productivité sur un week-end. La question plus utile est de savoir si ce type de prémisse troublante est ce que vous souhaitez avoir pour compagnie.
Dans un autre rayon de fiction, notre article sur Sarah Dessen (en anglais) s’intéresse à une voix reconnue qui revient avec un nouveau livre. Aguda propose une autre forme d’arrivée : un premier roman derrière lequel se dessine une ombre grande comme une ville.
Lagos. Une grossesse. Un projet de luxe. Une eau bien moins rassurante que la brochure ne le laisse entendre. Cela suffit à lui faire une place dans la liste de lecture, sans prédire le moindre prix.
Traduction française de l’article original en anglais du 2026-05-20. Traduction réalisée avec l’aide de l’IA le 1 novembre 2026 ; les références temporelles restent celles de l’original.




